dimanche 27 février 2011

La singularité à l'épreuve de la science - et vice versa

En affirmant la nature relationnelle de la description scientifique du monde, je n’avais pas l’intention de relativiser sa prétention à l’universalité. Nous aurons peut-être l’occasion de revenir sur les thèses “post-moderne” dans un prochain billet. D’ici là, démarquons nous simplement de ces thèses en affirmant que la science, de part sa méthode anti-dogmatique, de part l’utilisation des mathématiques qui assurent sa cohérence interne, de part l’unicité du monde, enfin, et le fait qu’aucune méthodologie instrumentale n’est jamais totalement isolée des autres ni de l’expérience quotidienne, tout ça fait qu’il y a de bonnes raison de croire que la science converge effectivement de manière asymptotique vers une description unique, universelle, de la nature. Cette description constitue ce sur quoi nous pouvons tous nous mettre d’accord.  Ce qu’il nous faut relativiser n’est pas l’universalité de cette description, mais plutôt sa complétude. Oui, la description scientifique converge. Non, ce vers quoi elle converge n’est pas le monde tel qu’il est, mais seulement la structure relationnelle sein de laquelle se déploie une actualité subjective et transcendante.


L’argument est semblable à celui que nous avions utilisé à propos de l’incommensurabilité des cultures. Ainsi nous avions admis, au passage, que toute conceptualisation est singulière, qu’il n’existe pas de traduction absolue, et donc en un sens, que l’appréhension du monde propre à une culture voire à une personne est elle aussi une singularité, mais ce constat de singularité n’a été posé que pour être dépassé, car puisqu’aucune culture n’est isolée des autres, c’est à dire puisque le monde est un, rien n’est définitivement inaccessible. Il est toujours possible, en se reportant sur la relation et son adéquation au réel (c’est à dire simplement en communiquant) de dénouer les malentendus et de converger vers un consensus. C’est bien le même argument qui nous permet d’une part de nier l’incommensurabilité des différentes conceptions et d’autre part d’affirmer la nature relationnelle de la connaissance: c’est parce qu’elle est relationnelle qu’une conception donnée est communicable et donc converge vers l’universalité.


Ceci dit, intéressons nous maintenant à cet au delà de la connaissance qu’est la singularité.


vendredi 11 février 2011

Physique quantique et réalisme scientifique chez Paul Jorion

Un condensé de plusieurs billets récents, publié sur le blog de Paul Jorion... Ca se passe ici

samedi 5 février 2011

La science peut-elle remplacer la philosophie ?

Certains le pensent. On retrouve par exemple cette idée chez les défenseurs d’un athéisme “militant”, qui pensent que la question de l’existence de Dieu est réglée par la science (par la négative bien sûr), et pour qui les nuances apportées par certains philosophes, par exemple celle de la distinction entre naturalisme méthodologique et philosophique, qui font de l’athéisme un positionnement métaphysique (certes assez défendable), sont simplement malvenues... Cette tradition est sans aucun doute la digne héritière du positivisme et du scientisme. Plus récemment, le livre de Stephen  Hawking et Leonard Modlinov “Le grand design” propose lui aussi une thèse anti-philosophique en soutenant qu’aujourd’hui la philosophie inutile, dépassée par les sciences qui seules nous permettent d’en savoir plus sur les “grandes questions existentielles”. On pourra lire au sujet de ce livre cet excellent billet (en anglais), où il est remarqué, très justement, que la plupart du temps, quand quelqu’un se met à critiquer vigoureusement la philosophie, c’est qu’il s'apprête à nous en donner une leçon...