dimanche 10 juillet 2011

Sexe, politique et fatalisme biologique

Avec les affaires récentes ayant trait au sexisme ou aux rapporte entre sexe et politique, les commentateurs publics, inspirés par les sciences de la nature, ont parfois eu recours au fatalisme biologique, ce à des degrés divers. Ce que j’entends par “fatalisme biologique”, c’est la réduction des comportements humains à la biologie, et en particulier à travers des arguments de type darwinien.

Le poncif le plus courant à ce sujet est l’explication des différences entre divers traits de caractère des hommes et des femmes par une référence à notre lointain passé de chasseur/cueilleur. L’homme est le chasseur, pourvu d’un excellent sens de l’orientation, celui qui ne parle pas trop pour ne pas effrayer les bêtes, tandis que la femme est une pipelette invétérée dôté d’une grande intuition sociale, parfois appelé intuition féminine, et préfère s’occuper de ses progénitures, nettoyer la caverne et socialiser avec ses congénères. Sans doute fallait-il bien tuer le temps pendant que les hommes partaient à la chasse... Voilà donc qui expliquerait certaines différences cognitives entre hommes et femmes.

Ce type d'explication existe également à propos de la nature humaine en général, son altruisme, son instinct guerrier et parfois xénophobe, sa propension à la religiosité ou d'autres choses. On mettra en avant l'histoire biologique de l'homme et on expliquera ces facteurs en terme darwinien.

Que faut-il en penser ?

dimanche 3 juillet 2011

Le mythe du bien et du mal

Personne ne veut faire le mal : si l’on agit librement, c’est qu’on pense faire le bien -- ce qui, selon nous, est bien -- c’est pourquoi, quand d’autres y verront le mal, alors on se justifiera. Le voleur ou l’arnaqueur affirmera mériter ce qu’il gagne par sa roublardise, preuve d’intelligence. Il aura donné une leçon de vie au naïf. Qu’importe ce qu’en pense la société : sait-elle plus que quiconque ou est le bien ? Et si l’on fait vraiment le mal, si même on le revendique, c’est que le mal est notre bien. On est un incompris.

Tout comme personne ne veut croire le faux, personne ne veut faire le mal, ce qu’il pense être le mal. Mais il nous arrive pourtant de le faire. Le mal est une erreur, c’est la bêtise de l’éthique. La personne mauvaise se trompe sur ce qui est bien tout comme l’idiot sur ce qui est vrai. Tout comme le faux auquel on croit est souvent une vérité trop locale, qu’on a cru vrai partout mais qui ne l’était que d’un point de vue, l’erreur du mal est souvent celle d’un myope : le bien était trop local. L’égoïste croit faire le bien -- son propre bien. Il ignore que le jour de sa mort, ç’aura été vain s’il n’a servit à rien d’autre qu’à lui même, ce tas de chair bientôt en décomposition. Il ignore que sa loi moral n'est pas viable comme loi universelle. Il ignore que faire le bien des autres et de son environnement assure son propre bien à venir. Il ne pense pas à miser sur l’harmonie, il ne cherche pas à appartenir au monde. Il pense trop localement : il est bête.

La bêtise, rien de plus. Le diable n’est qu’un idiot, et cette figure du mal que nous vendent certaines religions n’est qu’une supercherie dangereuse, capable de substituer à une possible empathie la polarisation contre l’autre, l’ennemi irrécupérable.

...Personne ne veut regarder le laid : le laid qu’on regarde est d’une beauté trop locale. La laideur est la bêtise de l’esthétique...