dimanche 18 août 2013

Y a-t-il une causalité de haut niveau ?

La croyance en l'existence d'une authentique causalité de haut niveau, qui ne se réduise pas à une causalité micro-physique, est finalement principalement motivée par l'intentionnalité. Après tout le réductionnisme n'est pas vraiment gênant pour ce qui est de la plupart des objets du monde : on veux bien croire que « la flamme cause la fonte du glaçon » signifie en fait qu'un état physique, qu'on se représente à l'échelle macroscopique comme une flamme à proximité d'un glaçon, a pour évolution probable un état physique qu'on se représentera macroscopiquement comme une flamme et un glaçon fondu (tandis que le même état sans la flamme n'aurait pas eu la même évolution). Peut-être certains voudraient défendre l'idée qu'il existe une authentique flamme et un authentique glaçon qu'une authentique relation de causalité relie, chacun étant un peu plus que l'état microphysique qui les réalise (on pourrait même avancer la difficulté qu'il y a à réduire strictement les transitions de phase de l'eau comme argument) mais cette idée paraît un peu ésotérique.

Ce n'est que quand on prête à l'un des objets une certaine intentionnalité qu'on voudrait que la relation de causalité soit plus authentique. Si j'éteins la flamme en soufflant dessus, c'est bien moi qui ai causé intentionnellement l'extinction de la flamme, et il me semble a peu près indéniable que mon intention, à un moment donné, a formé un tout autonome, c'est à dire qu'elle a existé authentiquement en moi comme cause de mon souffle, et non comme la simple représentation arbitraire d'un état physique extérieur. Par projection, je suis prêt à croire en l'existence d'une causalité de haut niveau à peu près partout où je suis prêt à attribuer une certaine forme d'intentionnalité à des agents, et si c'est un autre qui souffle la flamme, je croirai au même titre qu'une intention autonome a, quelque part, existé au delà de l'état micro-physique qui lui correspond, état physique dont toute unité serait arbitraire et essentiellement représentative -- alors qu'à n'en pas douter, il a vraiment voulu souffler la flamme.

Partons donc du principe qu'il existe, au moins dans ces cas où une existence « en première personne » est en jeu, une authentique causalité de haut niveau. On peut se demander s'il s'agit alors d'une causalité de même nature que la causalité microphysique, celle, par exemple, qui a lieu entre la flamme et le glaçon indépendamment de mon action, ou bien si les deux sont différentes et ne méritent finalement pas le même nom.

mardi 13 août 2013

Présentisme et mécanique quantique

Nous avons vu dans un billet précédent que si l'on est présentiste, on peut considérer que le passé est contenu dans le présent sous forme de contraintes, de "trace", et que différents futurs sont également contenus dans le présent sous forme de possibles anticipés, bien que futurs et passé ainsi conçus, à la différence du présent, ne bénéficient pas d'une réelle actualité. Nous avons vu que contrairement à ce qui est souvent affirmé, le présentisme n'est pas incompatible avec la théorie de la relativité si l'on dissocie la simultanéité telle qu'elle est conçu en relativité de la question de l'actualité. Demandons nous maintenant s'il est possible d'accorder le présentisme avec la seconde théorie fondamentale de la physique moderne, à savoir la mécanique quantique, et quelles conséquences il est possible de tirer de leur union.

dimanche 11 août 2013

Les OGM : arguments moraux, scientifiques et économiques

La manipulation génétique des organismes vivant est-elle en tant que telle condamnable ? Faut-il interdire l'introduction des OGM dans la nature, dans notre alimentation, voire même la recherche sur les OGM ? Il s'agit d'un débat complexe ou règne souvent une certaine confusion entre différents arguments, et je souhaite ici le clarifier en abordant ses différents pendants.

Pour ce faire, on peut commencer par distinguer deux questions : la manipulation génétique est-elle condamnable moralement, simplement pour ce qu'elle est ? Est-elle condamnable en vertu de ses conséquences potentiellement néfastes sur la nature, la santé ou l'économie ?