dimanche 30 novembre 2014

La vaine lubie de "l'ontologie primitive" en physique

Tout d'abord, Erratum. Dans un article récent, j'ai indûment propagé une vision erronée des théories de Bohm, GRWm et GRWf. J'y ai affirmé que GRWm était réaliste à propos de la fonction d'onde (l'interprétant comme une densité de matière) tandis que Bohm et GRWf en avait une interprétation probabiliste. Il aurait été plus juste de dire que chacune de ces trois théories est en un sens forcée d'être réaliste à propos de la fonction d'onde, mais postule des choses supplémentaires, tandis que la façon dont la fonction d'onde elle-même est interprétée (objet ou disposition) est une affaire plus ou moins indépendante. A vrai dire je tend à penser maintenant que GRWm et GRWf sont de pures lubies de philosophe, ces deux théories étant construites pour résoudre des problèmes qui n'existent pas, et j'éviterai simplement à l'avenir de les mentionner comme des alternatives possibles de GRW dans le paysage des solutions au problème de la mesure.

Je vais essayer de clarifier tout ça ici. Ce sera l'occasion pour moi d'évoquer un concept assez à la mode en philosophie de la mécanique quantique ces dernières années, et qui est au cœur de ces questions : celui d'"ontologie primitive". Je voyais jusqu'ici le sujet d'un peu loin, avec la bienveillance du néophyte, mais ce n'est que ces derniers jours que j'ai pu m'y plonger avec stupeur et effroi. Enfin, commençons par expliquer un peu de quoi il s'agit...

lundi 13 octobre 2014

Indétermination, indéterminisme et réalisme (suite) : le réalisme modal

Dans le dernier billet nous avons évoqué plusieurs façons dont le monde pourrait être métaphysiquement indéterminé (à propos des faits futurs, ou des micro-états de la mécanique quantique), ce qui semble à première vue contredire le réalisme scientifique, du moins compris dans une optique logico-sémantique comme l'affirmation suivant laquelle nos théories, interprétées littéralement, sont vraies. Il semble en effet qu'une telle indétermination viole le principe du tiers-exclu : certains énoncés seraient ni vrais ni faux. Nous avons vu comment différentes interprétations de la mécanique quantique en viennent à sauver le réalisme, que ce soit en complétant la fonction d'onde, ou en l'interprétant de manière non probabiliste, comme décrivant un état finalement déterminé. Mais aucune n'est exempte de difficultés : soit (dans le cas des mondes multiples) elles ne rendent pas vraiment compte de l'aspect probabiliste des prédictions, soit elles se voient obligées de compléter la théorie de manière ad-hoc afin de sauver le réalisme.

L'idée de cet article est de s'intéresser plus au détail à la prétendue incompatibilité entre réalisme et indétermination des états physiques. En quelle mesure serait-il possible d'exprimer les énoncés des sciences de manière à respecter les principes de la logique, tout en faisant état d'une authentique indétermination, notamment à travers une interprétation probabiliste de la fonction d'onde qui ne soit pas la marque d'un manque d'information ? Les logiques non classiques, comme la logique quantique, qui rejettent le tiers-exclu, sont parfois regardées avec suspicion. Ici je propose plutôt d'explorer l'extension de la logique classique qu'est la logique modale.

Je met en lien au passage plusieurs vieux articles sur les mêmes sujets qui défendent des thèses similaires (de manière peut-être plus accessible que celui-ci) : Présentisme et mécanique quantique et Dissoudre le paradoxe du menteur dans la temporalité.

mercredi 8 octobre 2014

Indétermination, indéterminisme et réalisme en mécanique quantique

On peut concevoir le réalisme scientifique en terme de vérité-correspondance : être réaliste, c'est affirmer que nos théories sont (au moins approximativement) vraies, dans le sens où elles correspondent à une réalité objective, indépendante de nous. C'est la constitution de la réalité qui rend vrai nos théories (et non pas par exemple le fait qu'elles nous permettent d'interagir efficacement avec la réalité, suivant les conceptions pragmatistes de la vérité).

Pour ma part j'ai tendance à défendre des conceptions pragmatistes de la vérité. Il est parfois entendu que ce type de conception ne peut vraiment supporter un réalisme. En effet il doit être possible de formuler un énoncé qui n'offre aucun moyen d'interagir avec la réalité, qui ne peut donc, pour le pragmatiste, avoir de valeur de vérité (par exemple le nombre de cheveux sur la tête de Jules César au moment de sa mort) mais qui, pour le réaliste, aura tout de même une valeur de vérité. Il faut différencier ce qui est vérifiable de ce qui est vrai de manière transcendante.

C'est un bon argument, qu'on peut aussi appuyer sur des principes logiques : si on accepte le principe du tiers exclu, tout énoncé bien formé doit être soit vrai, soit faux. Les conceptions pragmatistes ne respecteraient pas ce principe. [On pourrait arguer que le type "cheveux" est flou, que sa référence est donc en partie indéterminée et que l'énoncé "quel est le nombre de cheveux sur la tête de Jules César" n'a de toute façon pas de réponse objective mais on voit bien que ce type d'indétermination n'a rien à voir avec le fait que cet énoncé soit en principe invérifiable parce qu'éloigné dans le passé...]

Le réalisme consisterait donc à affirmer qu'il existe une "vue de nulle part", une représentation totale du monde au sein de laquelle n'importe quelle proposition, du moins celles d'un langage idéalement bien formé, acquièrent une valeur de vérité déterminée. S'il en est ainsi, je dois bien dire que je ne suis pas réaliste. Tout ceci me semble assez problématique. Le but de ce billet est d'explorer différentes façons dont le monde pourrait être indéterminé, et en quelle mesure il est tout de même possible d'être réaliste à propos d'une réalité indéterminée.

samedi 30 août 2014

Relativité de l'identité des objets et fonctionnalisme

Dans le billet précédent j'ai défendu une assimilation du relativisme conceptuel (ou moral ou esthétique) et de la relativité en physique, ce qui permettrait de rendre le premier non-problématique : toute la question serait d'élaborer une géométrie conceptuelle (ou morale) permettant de traduire les différents points de vue les uns dans les autres. L'idée est qu'il doit exister un concept-chapeau relatif (comme la vitesse) généralisant des concepts de type "vitesse-pour-x" au sein d'une géométrie des points de vues possibles. Les interprétations relationnelles de la mécanique quantique laissent penser que ce relativisme peut se généraliser à tout état physique, qui serait en fait un "état-pour-x", à ceci près que le passage d'un point de vue à un autre est au mieux probabiliste. J'ai également défendu l'idée que généralement, en physique comme peut-être dans d'autres domaines, la relativité serait locale tandis qu'une objectivité associée à un point de vue privilégié (par exemple le centre de gravité en mécanique) et à des propriétés robustes émergerait à l'échelle globale.

Certains lecteurs ont pu penser que cette assimilation du relativisme en physique au relativisme conceptuel était insuffisamment fondée, que c'était peut-être plus une idée en l'air qui mériterait d'être mise en œuvre concrètement pour voir ce qu'elle vaut. Ce n'est pas faux, aussi je souhaite maintenant élaborer cette idée en jetant des pistes pour généraliser le relativisme de la physique à d'autres domaines de la connaissance, sans avoir la prétention de fournir une solution clé en main mais en espérant rendre un peu plus claire la façon dont une telle tâche pourrait se présenter. Il me semble qu'un tel relativisme généralisé pourrait alors éclairer la question de la réduction inter-théorique (comme la réduction de la biologie à la physique).

jeudi 28 août 2014

Relativisme conceptuel et relativité en physique : même combat ?

On peut parler de relativisme à propos d'un domaine de discours quand on pense que les énoncés de ce domaine sont toujours relatifs à un paramètre (un point de vue épistémique, un référentiel, ...). Par exemple :
  • la télécommande est à droite de la télévision--relativement à mon point de vue
  • la voiture de devant s'éloigne à une vitesse de 20 km/h--relativement à la mienne
  • ces deux événements sont simultanés--relativement à mon référentiel
  • cette particule a une masse M--relativement au référentiel terrestre
Mais aussi, pourquoi pas,
  • il est mal de voler--relativement à mon système de valeur moral
  • ce tableau est laid--relativement à mes critères esthétiques
  • les concombres ne sont pas bon--relativement à mes goûts
  • le gouvernement fait une politique excellente--relativement à mon point de vue politique
Voire enfin :
  • la terre tourne autour du soleil--relativement à un point de vue copernicien
  • les électrons existent--relativement au point de vue de la science moderne
  • les espèces animales évoluent--relativement à la théorie de l'évolution
  • on se réincarne après la mort--relativement au bouddhisme
La question ici n'est pas de savoir si on a raison ou non de relativiser ces différentes affirmations. C'est au moins attesté dans le cas du premier groupe de propositions (par le sens commun, la physique de Galilée et de Newton, la relativité restreinte et la relativité générale respectivement). Il s'agit de cas de relativisation à un référentiel spatio-temporel.

Les suivantes sont sujette à débat : elles concernent le relativisme moral et esthétique, c'est à dire la relativisation à un système d'évaluation, à des critères.

Quand aux dernières qui peuvent rappeler les thèses relativistes inspirées par les travaux de Kuhn, elles sont franchement plus douteuses. Il s'agit d'une relativisation à un cadre théorique ou conceptuel.

La question qu'on peut se poser est : est-il possible d'assimiler ces différents types de relativisation, ou s'agit-il de formes différentes ?

dimanche 13 juillet 2014

L'arbre de la vie - mise à jour

C'est les vacances. J'en ai profité pour mettre à jour mon arbre de la vie, notamment avec les différentes périodes d'évolution. Cliquez pour agrandir.

dimanche 1 juin 2014

Note de lecture - l'esprit dans un monde physique (Kim)

Ce livre désormais classique de Kim, paru en 1998, constitue une excellente introduction à la philosophie de l'esprit, sous l'angle du problème de réduction du mental au physique et la question de la causalité mentale. Il s'agit en fait de quatre conférences constituées en chapitres. De par l'attention qu'il porte aux problèmes de réduction, il constitue également une excellente ressource pour qui s'intéresse aux problèmes de réduction en science en général.

Dans cet article je propose d'en fournir un résumé assez complet (mais qui ne vaut pas le livre, je vous conseille donc de le lire !) puis d'y apporter quelques commentaires sur la manière dont, je pense, il est possible d'échapper à l'argumentation de Kim.

lundi 28 avril 2014

Le concept d'identité et le rôle de la métaphysique

Les métaphysiciens débattent de différentes questions d'identité. On peut concevoir l'identité comme une relation que toute chose entretient à elle-même, et à elle-même uniquement. Mais tout ça ne va pas sans poser certains problèmes relatifs au changement et à la composition, que la légende du bateau de Thésée permet d'illustrer : à partir de quel moment un bateau dont on remplace successivement les planches n'est plus le même ? Si l'on fixe un seuil arbitraire, alors on perd la transitivité de l'identité, ce qui pose problème. Si l'on considère que le bateau reste le même pour peu qu'il y ait une continuité suffisante, que dire d'un bateau qu'on reconstruirait avec les planches de l'ancien, à l'identique ? Le bateau de Thésée s'est-il dédoublé ? Après tout si je sépare les parties d'une montre pour la réparer et la reconstruire ensuite, je serai tenté de dire que c'est bien la même montre : n'est-ce pas la même chose pour ce bateau reconstruit ?

dimanche 16 février 2014

Nouveau blog de vulgarisation philosophique

Je signale aux lecteurs de ce blog qui ne me suivent pas sur Twitter que j'ai ouvert un nouveau blog de "vulgarisation philosophique" en philosophie des sciences, à destination d'un public plus large que celui-ci.

Le projet est expliqué ici, puis le champs de la philosophie des sciences ici.

Un premier billet parle du scientisme et du mouvement de l'empirisme logique.

Bonne lecture !

L'aspect intentionnel de la représentation scientifique

Dans "Scientific representation", Van Fraassen fournit plusieurs exemples éclairants de ce qu'est la représentation en général, et comme celle-ci se différencie d'une simple copie de ce qui est représenté.

Par exemple, une caricature (de Margaret Tatcher en dragon) ne prétend pas être une reproduction fidèle de son objet : elles implique certaines déformations volontaires qui ont pour but de mettre en avant des caractéristiques précises. Un plan du métro ne prétend pas non plus être une copie exacte du métro, il déforme la position exacte des stations dans la mesure où il sert un but précis : celui de se déplacer dans le réseau (et un plan qui servirait un autre but aurait une forme différente).

Contrairement à une simple copie, une représentation sert un but, elle ne prend sens qu'en rapport à une intention. Si par exemple je prend une photo d'une carte postale de la tour Eiffel, cette photo peut servir : à représenter la tour Eiffel directement dans le cas où je m'en sert également de carte postale, ou à représenter une carte postale de la tour Eiffel si je l'insère dans un ouvrage qui présente plusieurs cartes postales. Un même objet pourra donc représenter différentes choses suivant la manière dont on l'utilise. C'est cet aspect intentionnel de la représentation qui explique que la relation de représentation ne soit pas symétrique : la tour Eiffel ne représente pas la carte postale.

En conséquence, l'intention associée à la représentation ne peut pas être déduite de l'objet qui nous sert de représentation en dehors d'un contexte. Par exemple le tableau d'un prince peut ressembler d'avantage au frère dudit prince qu'au prince lui-même, ce qui n'en fait pas pour autant une représentation de son frère. Pour savoir qu'il s'agit d'une représentation du prince et non de son frère, il faut connaître le contexte.

La représentation scientifique

Toutes ces observations ont pour but de nous interroger sur la nature de la représentation scientifique. On peut penser qu'un modèle censé représenter un système physique ne prend sens lui aussi que vis-à-vis d'une intention, d'une application spécifique au système réel. Il n'est pas surprenant que le modèle procède à différentes idéalisations, qu'ils mette en avant certains aspects au détriments d'autres, que certains aspects non pertinents soient délibérement ignorés.

dimanche 9 février 2014

Pourquoi la philosophie de l'esprit doit s'intéresser à la physique

J'ai écrit il y a longtemps un article qui essayait de défendre l'idée que le problème de l'esprit n'est pas indépendant des problèmes d'interprétation de la mécanique quantique.

Le problème est que cet article est relativement long, et qu'il mêle cet argument à mes différentes thèses en philosophie de la physique et en philosophie de l'esprit. Or je pense qu'il est possible de défendre l'idée que la philosophie de l'esprit devrait s'intéresser à la physique de manière plus ou moins indépendante, et plus succincte, en faisant simplement deux observations.

Les deux problèmes de la conscience

La première observation, c'est qu'il y a deux type de questions distinctes concernant la conscience. La première est plutôt empirique : comment est-il possible que certains organismes complexes développent des facultés cognitives, un langage, adoptent des comportements rationnels, qu'ils soient capables de mettre en œuvre des projets, etc. La seconde est une question métaphysique : comment se fait-il que, pour reprendre les termes de Nagel, ça "fasse quelque chose" d'être conscient ? C'est à dire comment se fait-il que la conscience soit associée à des aspects phénoménaux, qualitatifs ?

On retrouve bien sûr ce que Chalmers appelle les "problèmes faciles" et le "problème difficile" de la conscience, ou ce que Searle appelle le point de vue "en première personne" ou "en troisième personne". Les problèmes faciles, ce qui concernent la cognition, peuvent être étudiées "à la troisième personne" et peuvent donc être l'objet d'une enquête empirique qui trouve naturellement son cadre en biologie et en neurosciences. Mais le problème métaphysique, "en première personne", ne semble pas pouvoir être exprimé en termes empiriques (c'est ce qu'exprime finalement l'argument des zombies de Chalmers : il pourrait exister un être qui se comporte en tout point comme un être conscient, mais sans les aspects phénoménaux associés -- ceux-ci ne peuvent être appréhendés empiriquement).

Il n'est pas certain que ces problèmes soient totalement indépendants (ils sont même très certainement liés) mais au moins, ils sont conceptuellement distincts, et l'un est métaphysique, l'autre (ou les autres) biologique(s).

Un air de famille entre physique et métaphysique

La deuxième observation, c'est que métaphysique et physique ont généralement beaucoup à se dire.

Bien sûr il peut sembler douteux d'apporter une solution physique à un problème qui semble plutôt être d'ordre biologique. On comprend donc que parler de physique à propos de la conscience amène généralement la suspicion. Laissons donc faire les neurosciences. Mais si on distingue les deux aspects de la question de la conscience, les choses ne sont plus si claires : les théories physiques et biologiques de la conscience sont-elles vraiment en concurrence ? Ou s'intéressent-elles à des problèmes distincts, mais complémentaires ?

S'il peut sembler douteux d'invoquer la physique quand il est question de biologie, il peut sembler tout aussi douteux d'invoquer la biologie quand il est question de métaphysique : comment donc les neurosciences pourraient-elles vraiment nous éclairer sur un problème purement métaphysique ? Mais c'est beaucoup moins douteux de la physique. Physique et métaphysique ont toujours partie liée dans l'histoire de la philosophie : qu'on pense aux questions du déterminisme, de la causalité, de l'atomisme... Non seulement nos théories physiques sont souvent fondées sur des principes métaphysiques, mais en retour, la physique informe la métaphysique "sur ce qui marche", sur les principes qui s'avèrent fructueux pour appréhender le monde.

C'est simplement que la physique est la discipline qui prétend être la plus fondamentale, la plus universelle dans son application. Il est tout a fait naturel qu'elle recoupe la métaphysique : on peut n'y voir qu'une métaphysique appliquée. Ce n'est pas être scientiste que de l'affirmer : pas tant qu'on pense que la science ne peut véritablement se faire sans philosophie.

Conclusion

Pour ces seules raisons il me semble légitime de s'intéresser à la physique en philosophie de l'esprit, dans la mesure où l'on prétend résoudre un problème d'ordre métaphysique.

J'avais défendu plusieurs thèses dans l'article cité plus haut : le panpsychisme (comme conséquence du fait que la question de la phénoménalité devrait être adressée sous l'angle de la physique) et l'idée qu'il existe des liens conceptuels forts entre le problème de la mesure et celui de la conscience (tous deux concerne les rapports entre représentation physique et phénomènes -- il est d'ailleurs notable que les théoriciens des mondes multiples échappent difficilement à des questions relatives à la conscience) et qu'on peut les faire converger.

Mais il n'est pas besoin d'adhérer à ces thèses pour penser que la physique devrait nous informer si l'on s'intéresse au problème difficile, métaphysique, de la conscience.

dimanche 12 janvier 2014

La distinction analytique et le rapport d'abstraction

J'avais entamé dans des articles récents une réflexion sur la causalité. Malheureusement mon travail de thèse (ainsi que la préparation de cours) m'empêche de m'y consacrer plus avant dans l'immédiat : il me faut d'abord revenir à un travail de fond qui me permettra, je l'espère, d'établir dans le cadre du doctorat une base solide afin d'élaborer de manière plus précise et détaillée ces différents aspects, ainsi que d'autres liés aux thèmes développés sur ce blog depuis plusieurs années. Mais afin de ne pas laisser ce blog à l'abandon, je me propose d'y publier des articles qui sont plus directement en lien avec les thèmes de mes recherches actuelles ou des cours que je prépare, peut-être en m'autorisant ici quelques égarements supplémentaires. Ces thèmes concernent essentiellement, pour l'instant, la question de la signification. Dans cet article, je propose de revenir sur la distinction entre vérité analytique et synthétique.